La révolution numérique

La révolution numérique
Depuis septembre, Philippe Détrie partage sa vision du Manager du 21e siècle avec le lectorat d’Entreprise & Carrière via une chronique bimensuelle. Cette semaine:

la révolution numérique, un tsunami managérial.

C’est un lieu commun de parler de l’essor prodigieux de la communication qui jointe à la mondialisation crée une omniprésence de la communication:

surinformation, proximité, instantanéité, immédiateté. Pas besoin de plaidoyer, nous le vivons tous les jours. Bienvenue au cyberspace : je maile, tu textotes, il ou elle twitte, nous skypons, vous bloguez, ils ou elles réseautent, on est tous des geeks… Le monde est encore plus petit que nous le pensions, il tient dans notre smartphone qui en plus intègre notre monde personnel (contacts, photos, communications personnelles…) : qui aurait pu imaginer une telle révolution il y a trente ans ? Le 3e pays au monde s’appelle Facebook (créé en 2004 !) avec 1,3 milliard de connectés volontaires.

La révolution internet est comparable à la révolution industrielle, à celle de l’imprimerie, à celle de l’écriture ou à celle du néolithique. Dorénavant, « le collectif passe par le connectif », prévient Michel Serres dans Petite Poucette.

Le digital est un tsunami managérial.

Innombrables sont les conséquences sur la vie de nos organisations, qui ont d’ailleurs pris du retard par rapport à la société civile. Autant elles étaient en avance pour le téléphone, l’ordinateur, le fax…, autant les personnes se sont équipées elles-mêmes de smartphones et de tablettes.

Le numérique est une source d’efficacité et d’innovations infinies:

réseaux, applications, commerce en ligne, télétravail (9% des Français le pratiquent déjà régulièrement), gisements de données, plateformes collaboratives…

L’accès libre et immédiat au savoir, à l’échange et au partage remet en cause le statut des sachants. Ce n’est plus le savoir qui compte, c’est la navigation dans le savoir qui est la discipline importante de notre 21e siècle. L’information n’est plus un capital dont chacun est jalousement propriétaire, c’est un flux qui se partage.

Extraordinaire révolution que le numérique. Tout devient mobile, nos organisations doivent être non seulement solides mais maintenant liquides. N’allons tout de même pas jusqu’à léviter dans un état gazeux, même si le cloud nous y invite !

L’agilité numérique devient essentielle.

Il s’agit de ne pas se laisser dépasser et de maîtriser a minima les outils que nos enfants utilisent de façon si naturelle. Un monde à haut débit impose des managers à haut crédit !

D’où trois recommandations:

– Ne pas perdre pied dans le numérique:

aujourd’hui, ne pas savoir se servir d’un ordinateur, d’un smartphone ou d’un GPS est plus qu’handicapant. Le manager doit rester connecté, encourager chacun à développer son agilité numérique. Le progrès court très vite, accrochons-nous et cultivons l’esprit de fitness numérique !

– Chaque mois repérer sur le net une idée nouvelle et la mettre en œuvre. Profitons des opportunités fantastiques d’internet pour sortir de son cadre et collaborer.

– Entretenir des liens présentiels. L’explosion des moyens de communication à distance crée l’égalité devant le savoir. Mais elle crée aussi l’isolement derrière son écran. L’hyper-connectivité déshumanise et peut asservir. La digitalisation des rapports humains nous désunit au moins autant qu’elle nous rassemble. Le paradoxe est que plus on est à distance, plus il faut développer la proximité.

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